La Société des 3 Vallées renforce ses partenariats avec le monde de la recherche et s’implique au sein du Living Lab Vivalp “Trois Vallées”.
Le Living Lab VIVALP C’est Quoi ?
Le Living Lab VIVALP est une initiative de recherche collaborative portée par le programme national SOLU-BIOD. Il se concentre sur l’étude, la conception et l’expérimentation de Solutions fondées sur la Nature (SfN) adaptées aux socio-écosystèmes alpins, depuis les vallées habitées jusqu’aux zones de haute montagne. Il est porté par plusieurs instituts de recherche :
- Le CNRS et l’INRAé de Grenoble (pilotage opérationnel)
- France 2030 (financement)
- Agence Nationale pour la Recherche

VIVALP vise à co-concevoir et tester des solutions naturelles permettant de répondre à des enjeux cruciaux tels que la préservation de la biodiversité, l’adaptation au changement climatique, l’amélioration du bien-être des habitants et usagers, ainsi que la gestion des risques naturels dans les territoires de montagne.



Pour en savoir plus :
Et a Courchevel ?
Dans le cadre du Living Lab des 3 Vallées, Le domaine de Courchevel a été choisi pour travailler sur la stabilisation des talus de montagne avec des procédés de génie végétal comme alternative au génie civil. L’objectif est de tester différentes techniques de restauration grâce aux propriétés physiques et mécaniques des plantes pour ramener de la structure dans le sol.
Un chantier participatif
Le choix s’est porté sur un talus du secteur de Moriond qui présente des signes d’érosion et de chutes de bloc problématiques pour l’exploitation du domaine skiable.
Ce chantier a été coordonné par l’INRAe et près de 15 personnes de l’INRAe, de Soltis.

Vue éloignée du talus Vue éloignée du talus, © André EVETTE (INRAe)

Techniques utilisées
1/ Les fascines de saules
🔧 Principe
Créer un boudin végétal composé de branches vivantes de différentes espèces de saules récupérées sur place (Salix purpurea, Salix myrsinifolia). Les saules sont choisis car ils reprennent vite, rejettent bien et résistent aux contraintes (sécheresse, froid, ruissellement).
🌱 Objectifs
- Fixer la terre en surface
- Favoriser l’enracinement rapide
- Stabiliser mécaniquement le talus


2/ Les lits de plants et plançons
🔧 Principe
- Enfoncer dans le sol de grosses boutures de saules (≈ 60 cm de long, 3–4 cm de diamètre).
- Ajouter au-dessus des plants d’espèces locales (Pins cembro, Raisin d’ours et Dryade octopétale) .
🌱 Objectifs
- Stabilisation en profondeur grâce aux racines
- Reprise végétale rapide
- Diversification de la couverture végétale

Confection d’un lit de plançon avec apport de mycorhizes Confection d, © André EVETTE (INRAe)

3/ Les banquettes en bois
🔧 Principe
Créer de petites terrasses retenues par des éléments en bois.
- Utilisation de bastaings ou poutres en bois.
- Derrière, on ajoute du sol plus riche prélevé plus bas + du terreau.
- Plantation d’espèces adaptées : pin à crochets, raisin d’ours, dryade…
🌱 Objectifs
- Réduire la pente
- Limiter le ruissellement
- Créer des zones où le sol peut se reconstituer


4/ Le bouturage avec ou sans mycorhizes
🔧 Principe
Comparer la reprise de boutures de saules avec et sans inoculation de mycorhizes.
🌱 Objectifs
- Améliorer la survie des boutures
- Stimuler la croissance racinaire
- Tester l’effet des symbioses sol–plante
📌 Détails techniques
Deux formes de mycorhizes testées :
- Pralin (pâte appliquée sur la tige)
- Granulés (déposés au niveau des fascines et plançons)
Les mycorhizes ont été prélevées un an plus tôt sur site puis multipliées.
On compare deux stations :
- une plein sud, très sèche,
- une plus humide et ombragée.


En synthèse
| Technique | Rôle principal | Matériaux utilisés |
|---|---|---|
| Fascines | Stabilisation de surface | Branches de saules |
| Plançons / lits de plants | Stabilisation en profondeur | Boutures + plants locaux |
| Banquettes en bois | Réduction de pente, rétention de sol | Bastaings + terre enrichie |
| Bouturage avec mycorhizes | Amélioration de la reprise | Pralin + granulés mycorhiziens |